• 04 / Aug / 2021
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JE NE SUIS PAS NHAPPY ET ALORS

Lors de nos  précédents articles  Les origines du N'HAPPY et «  JE SUIS NAPPY ET ALORS » on a défini le terme nhappy. Nous avons parlé de  l’origine et les raisons du retour au naturel des africaines.

La plupart des filles se coiffent avec des tissages communément appelés cheveux naturels. Tendance oblige ! Les africaines sont connues pour leur amour à suivre la mode afin d’être au diapason comme on le dit et améliorer leurs apparences car, les tissages et lissage des cheveux font partie des bases de l’amélioration de la beauté féminine selon certaines. Donc, chacune est libre de faire une coiffure qui lui va et avec laquelle elle sera à l’aise.

En  Afrique noire, beaucoup de gens qualifient les filles aux cheveux lisses et aux extensions, d’imitatrices de la mode européenne autrement dit, elles ne sont pas fières de l’africaine qu’elles sont.

 On pourra comprendre que les cheveux crépus sont assimilés à une preuve de l’africanité.

 Donc ces filles se coiffant pas n’happy peuvent-elles se réclamer africaines et fières ? Seules les principales concernées peuvent nous éclaircir les choses. Il s’agit là de nous faire comprendre pourquoi préfèrent-elles les tissages à la place des cheveux crépus .                                            

 Elle se nomme KHADIJA, propriétaire d’un salon de coiffure. Long tissage de cheveux indiens comme coiffure, elle en faisait aussi à sa cliente. Très surprise de l’interrogation, elles lâchent ces mots. « Vous savez je pensais que tout était révolu mais je vois que non. Je ne peux pas comprendre qu’au 21e  siècle des filles se permettent de porter ses touffes sur leurs têtes (rires). Vraiment cela ne ressemblent à rien même si on a beaucoup de cheveux crépus on peut les lisser et en faire de jolies coiffures. Cela n’enlève en rien leur africanité ».

 Et la cliente ROKYA de la soutenir : « nous sommes nées  africaines et le resteront. Rien que nos teints peuvent le confirmer. Mais cela ne vaut pas la peine de le manifester par ces moyens ancestraux je dirais. Je vais pas laisser ces jolis tissages qui rendent dingues les hommes pour des coiffures afros ».

 Tel est le point de vu des dames. L’une d’elles a soulevé un point important qui concernent les hommes. « S’il y’a des filles qui n’osent pas se plonger dans le phénomène nappy c’est en grande partie à cause des hommes. Ils demandent  toujours aux filles d’être naturelles et pourtant ils courent toujours derrière les filles aux longs tissages et surnaturelles. »                                                                                                              

 Cependant, si beaucoup de filles pensent comme ces deux dames. Il en a toujours d’autres qui aimeraient revenir au naturel mais hélas elles  impossible  car trop dépendantes des tissages.

Nafissatou  Ba se désole de ne pas laisser ses cheveux au naturel, être comme ses belles filles nappies qu’elle voit sur l’internet. « C’est vraiment trop joli les cheveux crépus surtout lorsqu’ils sont bien coiffés. C’est vraiment très africain, cela montre que notre vraie nature. Sauf que, je suis trop cheveux lisses et tissages à l’européenne.  J’ai tellement l’habitude de le faire que je suis persuadée que je peux plus être naturelle. Mais je pense que ce n’est pas la coiffure qui définit qu’on soit  africaine réellement  mais notre mode de vie. N’empêche j’encourage les nappies girls à continuer ».

 

Beaucoup de bloggeuses afro  se sont exprimées sur ce sujet.

Eugénie de Pop-up

Ma « revendication » à moi est de pouvoir changer de coiffure sans que j’ai des critiques de la part de mes semblables. Ma liberté c’est de pouvoir changer de style, de faire des tresses, de revenir au naturel et surtout d’avoir des possibilités infinies sans que ça vienne entacher mon identité. Je ne suis pas  nappy  et je ne suis pas pro-défrisage. Je suis juste une femme qui sait d’où elle vient et qui ne se définit pas uniquement par ses cheveux.   

 

Mamidan d’Ebony Roots

« Certaines croient fermement qu’elles appartiennent à un groupe distinct et partent dans les extrêmes. En rabaissant les défrisées alors qu’elles l’ont été, en dénigrant celles qui retournent au défrisage, et même les filles aux cheveux longs qui coupent très court. Où va-t-on ? N’a ton pas mieux à faire que de perdre son temps  avec de telles considérations ?

Si je suis amie avec une naturelle, nous aurons beaucoup de choses à nous dire, c’est sûr. Si des gens de mon entourage expriment le souhait d’arreter le défrisage, je serais excitée comme une puce. Mais je ne vais pas choisir une amie parce qu’elle est naturelle, pas plus que je ne vais essayer d’influencer une amie défrisée pour qu’elle arrete.  Sérieusement, il y a vraiment des gens qui pensent comme ça ? « Non, elle, elle porte un tissage, on ne peut pas etre amies ». No comment.

Etre naturel, ça reste quelque chose de personnel. Personne n’est obligé de le devenir, ni de le rester. Chacun agit en son âme et conscience, et pour ses raisons propres.

En ce sens, je trouve que considérer les naturelles comme un ensemble uniforme de personnes qu’on appellerait « Nappy » est un raccourci qui n’est vraiment pas à faire. »