• 14 / May / 2021
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Les interdits et permis à la femme enceinte en Afrique

S’il Ya bien une chose sur laquelle l’humanité entière est d’accord, c’est que l’Afrique est un immense conservatoire de valeurs traditionnelles et ethniques. Bien évidemment toutes les couches sociales doivent en savoir le maximum possible sur l’ensemble des dites valeurs. A cet effet les femmes enceintes ne dérogent pas à la règle .C’est dans le cadre d’une protection pour la mère et son fœtus qu’un ensemble de règles variantes d’une communauté, d’une ethnie, a une autre ont été instaurées. Ces mesures accompagnent la femme tout au long de sa grossesse jusqu’à son accouchement.

Dans la tradition africaine , une femme enceinte est considérée comme un être d’une extrême fragilité .Raison pour laquelle l’ensemble des communautés africaines veillent sur elle avec beaucoup d’égard et d’attention .Au cours des millénaires chaque groupe social africain a élaboré par l’observation de la nature ainsi que par la création de mythe et religions, un ensemble de rites de protection et d’interdits visant à protéger les mères et leurs futurs enfants de toutes les influences néfastes du monde extérieur ou du monde des esprits .De ce fait une connaissance même partielle de ses traditions sur les permis et interdits est d’une grande nécessité .

Au Togo et au Sénégal, certaines ethnies ont la ferme conviction que la femme enceinte peut être la proie des mauvais esprits qui se serviront d’elle pour entrer en contact avec le monde réel et se venger sur l’enfant à naitre. Sachant que la plupart de ses esprits attaquent la nuit, il est donc interdit à la femme enceinte de sortir durant le crépuscule de même que la nuit surtout à des heures tardives.Dans ces deux nations d’Afrique, il est recommandé de garder la grossesse secrète aussi longtemps que possible. Par ailleurs chez les dogons, la femme enceinte peut représenter une menace pour la société, car selon les croyances de la dite communauté, son état la rapproche des puissances surnaturelles et maléfiques pouvant être néfaste à la communauté. Raison pour laquelle, chez les dogons on interdit à la femme enceinte de se rendre dans les champs afin de ne pas porter atteinte à la récolte .Elle ne doit surtout pas manger d’escargot autrement, l’enfant bavera beaucoup dès la naissance.

Faisons à présent un tour en Afrique du nord. Dans ces lieux la famille et l’entourage de la future maman  doivent s’unir et veiller à ce que celle-ci n’ait jamais faim ou une envie non satisfaite .Si tel n’est pas le cas, l’enfant portera sur son corps des marques de cette envie non satisfaite. A cela s’ajoute l’interdiction à cette dernière de mettre une écharpe à son cou pour éviter que le cordon ombilical forme aussi une écharpe au cou de l’enfant.
La liste des interdits chez la femmes est assez conséquente ,en revanche on ne peut pas en dire autant sur ce qui lui est permis .En Afrique, la femme enceinte redevient un enfant à qui il faut interdire pleines de chose et lui en permettre très peu .De ce faite elle peut aller se promener avec son mari à certaines heures bien définies selon le groupe ethnique dans lequel elle évolue .Il lui est également permis de céder à toutes ces envies alimentaires sauf bien sur , celles qui sont nuisibles à la croissance et à la formation du bébé .D’autre part il est permis également à la femme enceinte de se faire faire un bon massage relaxant afin d’éviter les fatigues dues à de longues heures de marche.

Toutes ces pratiques africaines relatives à la grossesse sont-elles le fruit d’une imagination débordante ou le résultat d’un savoir très peu reconnu ? La réponse demeure toujours insatisfaisante et variable d’une communauté à une autre .Néanmoins, toujours est-il qu’en Afrique ces pratiques qui entourent le mythe qu’est le port d’une vie chez la femme enceinte, ont une forte influence dans le vécu quotidien des africains en général .Ce sont là, des valeurs auxquelles doivent s’attacher toutes les femmes en état de grossesse au risque de périr.
 

STG : AISSATA NDIAYE