• 13 / Jun / 2021
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Les Festivités à la réussite aux épreuves des examens d’état en RDC : Une coutume des plus insolites

Avant toute chose, il faut savoir que la coutume n’est pas ethnique mais territoriale. Ce qui veut dire que d’un pays à un  autre nous n’avons pas les mêmes traditions même si cela arrive et rarement de rencontrer une même coutume dans certains pays.

En République démocratique du Congo la réussite   aux épreuves des examens d’état  se célèbre d’une façon plutôt singulière, à nulle autre pareille dans le monde. Vous doutiez ? Que les paragraphes suivants vous en persuadent.

Déjà, après le passage de la dernière épreuve, les finalistes (candidats au bac) s’offrent le droit de célébrer la fin des examens. Tellement que la pression atteint son paroxysme durant les examens et qu’elle descend à l’issue de la dernière épreuve, les candidats se lâchent tous pour décompresser. Ils chantent, boivent et surtout, déchirent leurs tenues « bleu-blanc » (uniforme scolaire nationale) pour marquer la fin de leur souffrances endurées pendant 12 années de parcours scolaire.


Ensuite, c’est place au suspens. Pendant que les copies sont discrètement corrigées par les jurys sans divulguer la moindre information, les candidats, eux, retiennent leur souffle. Avec un rythme cardiaque accéléré, le cœur cognant de plein fouet dans la poitrine, ils espèrent tous réussir et attendent fermement la publication des résultats qui intervient, désormais, dans trois semaines après la fin des épreuves nationales. Alors qu’il y a encore quelques années plutôt, les « finalistes » attendaient leurs résultats pendant plusieurs mois. Mais grâce aux efforts du gouvernement, tout va vite en besogne maintenant.

Après la correction, calcul des points et délibération, le ministère congolais de l’enseignement procède à la publication des résultats via son site web officiel. C’est donc à ce stade que le Délire (avec un grand D bien sûr) commence. Un festival de bruits et de jet de poudres accompagné d’une extrême ambiance en couleur s’impose sur l’étendue du pays. Les villes bougent au rythme des coups de sifflet énergiques, des battements de portail et de casserole. Oui c’est avec un tel vacarme d’enfer que les diplômés congolais annoncent et célèbrent leur réussite. (Donc si vous venez de débarquer fraîchement en RDC, ne tremblez pas dans votre chambre d’hôtel pensant à un coup d’Etat quand vous aurez à vivre ce spectacle. Dites-vous simplement que ce sont les bacheliers qui fêtent leur réussite !)


« Ne tremblez pas dans votre chambre d’hôtel pensant à un coup d’Etat quand vous aurez à vivre ce spectacle »

Vêtus, presque tous, de t-shirts blancs bien décorés à la guise de chacun, avec des sifflets attachés aux cous et des flacons de poudre en poche, les « nouveaux diplômés » célèbrent leur réussite avec un enthousiasme complet. Ils parcourent les rues de la ville. Les uns assis sur les portières des voitures, les autres sur des motos, ils roulent tous avec des coups de klaxon insistants et partent à la rencontre de leurs proches pour leur saupoudrer la tête. Oui, saupoudrer la tête est un geste ancré dans la culture congolaise. Ça dénote une vive admiration après la victoire bien méritée dans une compétition rude et sévère. Donc chers voisins, si jamais il vous arrive de voir un nombre de congolais se promener dans la rue avec les cheveux couverts de poudres, ne paniquez pas. Ce ne sont pas les survivants d’Ebola. Relaxez-vous et rassurez-vous qu’ils viennent juste de célébrer le bac ou un autre événement heureux. C’est comme ça que les congolais fêtent une réussite. Le jour suivant, l’ambiance continue mais d’une manière affaiblie. Les bacheliers, bien qu’épuisés à cause des longs trajets qu’ils ont parcourus la veille après la publication des résultats, tentent quand-même de prolonger la fête en gardant le même rythme. Mais la fatigue gagne du terrain et les bruits se font de moins en moins. Quant au jet de poudres, ben… ça persiste !


Paula OGOUNWOLE